Quand les pathologies dermatologiques deviennent matière :
création de peaux en silicone hyperréalistes.



Créer une peau que l’on ne se contente pas de regarder, mais que l’on peut observer, toucher et manipuler.
C’est autour de cette demande inhabituelle qu’Atelier Bel Air a développé une série de quatre plaques de peau en silicone grand format, reproduisant différentes manifestations dermatologiques avec une attention particulière portée aux volumes, aux textures et au réalisme de la matière.
Â
Un projet à la frontière de nos différents savoir-faire : maquillage effets spéciaux, sculpture, moulage, silicone et reproduction anatomique.

Reproduire la peau autrement
Dans notre métier, nous travaillons habituellement la peau pour le cinéma, la télévision, la publicité ou la photographie. Une prothèse est pensée pour disparaître sur un comédien, se fondre dans son visage ou son corps et créer l’illusion.
Pour ce projet, l’approche était différente.
Il s’agissait de réaliser quatre surfaces de peau d’environ 50 × 50 cm, destinées à reproduire visuellement et physiquement différentes altérations dermatologiques à partir de références photographiques.
À cette échelle, impossible de tricher.
Chaque relief devient visible. Chaque différence de texture compte. Les variations de pigmentation, les zones inflammatoires, les irrégularités et les microdétails participent à la crédibilité de l’ensemble.
Et surtout, ces pièces n’étaient pas uniquement destinées à être regardées : elles devaient pouvoir être touchées et manipulées.

De l’image à la matière
La première étape a consisté à analyser les références dermatologiques afin de comprendre ce qui caractérisait chacune des peaux représentées.
Avant même de parler de couleur, il fallait traduire une photographie en volume.
Comment une lésion modifie-t-elle la surface de la peau ?
Quelle épaisseur lui donner ?
Quels reliefs doivent réellement être sculptés ?
Quels détails doivent au contraire rester extrêmement subtils ?
C’est là que notre expérience des effets spéciaux prend tout son sens.
Nous ne cherchons pas simplement à reproduire une image. Nous cherchons à comprendre ce qui, dans la matière, provoque cette image.

Une sculpture entièrement réalisée à la main
Chaque plaque a d’abord été travaillée sous forme de sculpture.
Les textures cutanées, irrégularités, lésions et différents reliefs ont été construits manuellement afin de donner à chaque surface sa propre identité.
Pour cette étape, Atelier Bel Air a collaboré avec la sculptrice Victoire Gonzalvez, sous notre direction artistique et technique.
Cette collaboration nous a permis de pousser particulièrement loin le travail des textures avant de passer à la fabrication définitive.
Les sculptures sont devenues les masters : les originaux à partir desquels nous pouvions ensuite reproduire chaque peau en silicone.
​




Le moulage : capturer chaque détail
Une fois les sculptures terminées vient une étape beaucoup moins spectaculaire en apparence, mais essentielle : le moulage.
Un bon moule doit enregistrer le travail de sculpture avec suffisamment de précision pour restituer les détails les plus fins lors du tirage.
Sur une peau réaliste, quelques dixièmes de millimètre peuvent suffire à changer la perception d'une texture.
Le processus de fabrication a donc été pensé pour conserver au maximum les informations présentes dans les masters avant de réaliser les tirages définitifs.
​
Le silicone, notre matière de prédilection
Les plaques finales ont été réalisées en silicone.
C'est une matière que nous utilisons énormément à Atelier Bel Air parce qu'elle permet d'obtenir quelque chose d'essentiel dans notre travail : une sensation organique.
Sa souplesse, sa translucidité et sa réaction à la lumière permettent de s'approcher beaucoup plus naturellement de l'apparence de la peau qu'avec une matière totalement opaque.
Mais le silicone brut n'est encore qu'un support.
C'est ensuite que commence l'une des étapes que nous préférons : la coloration.
​
​
09



Peindre une peau sans simplement la « peindre »
Une peau humaine n'est jamais constituée d'une couleur uniforme.
Elle est faite d'une multitude de informations : sous-tons, rougeurs, vascularisation, différences de pigmentation, zones plus froides ou plus chaudes, transparences, irrégularités…
Pour obtenir un résultat crédible, nous travaillons donc par superpositions successives extrêmement fines.
La coloration doit accompagner la sculpture plutôt que la masquer.
Certaines nuances permettent de faire ressortir un relief. D'autres donnent l'impression qu'une coloration se trouve sous la surface. D'autres encore viennent casser l'uniformité du silicone.
C'est précisément cette accumulation de détails presque imperceptibles individuellement qui permet, à la fin, de créer une matière que l'œil identifie spontanément comme de la peau.
​
​

Le réalisme au service de la transmission
Ce projet illustre parfaitement une facette d'Atelier Bel Air que nous souhaitons développer davantage : mettre les techniques issues des effets spéciaux au service de projets médicaux, pédagogiques, scientifiques ou de simulation.
Parce que notre savoir-faire ne se limite pas à fabriquer des blessures pour une caméra.
Les mêmes techniques de sculpture, moulage, silicone et coloration peuvent permettre de matérialiser une pathologie, de créer un support d'apprentissage, de simuler une situation clinique ou simplement de rendre visible et tangible quelque chose qui ne pourrait autrement être présenté qu'en photographie.
C'est une autre manière d'utiliser l'illusion.
Non plus seulement pour raconter une histoire, mais aussi pour observer, comprendre et transmettre.
​
​
Bienvenue chez BEL AIR ATELIER
Mélissa Landron
